author image in post end author image in post
Widgets

Ne plus faire l'écho

Tout a filé si vite. J'ai fini par fermer l'évacuation de la baignoire. Ce n'était pas prévu mais même si j'aime prendre des douches longues, j'ai beaucoup d'estime pour l'eau qui coule et la retenir un instant de plus sous mes pieds était ce qu'il fallait. Et puis, lorsque l'eau en tombant faisait autant de bruit que l'extérieur, lorsque je n'entendais plus rien sous la pluie qui goutte, j'ai éteins le robinet et j'ai plongé mes oreilles sous l'eau.

Je voulais parler à mon père, de moi. Je voulais qu'il sache, qu'il se rende compte, un peu, au moins, combien je n'avais été jusque là qu'un écho. Combien il savait peu, combien nous étions loin l'un de l'autre. Et puis ça n'a pas marché. Je n'ai reçu que son angoisse, croissante, d'être devant une adulte comme moi, mes idées lui mettent la rate au cours bouillon, et il fallait que je me justifie, que je lui prouve que non, encore, que je n'allais pas me planter. Il a joué la culpabilité, celui qui sait plus... plus que quoi ou qui, personne ne se l'est demandé pourtant ça aurait été intéressant. J'ai cru un instant le toucher et finalement pas. Il a croisé ses bras et ses jambes, les fesses contre un meuble, ni debout ni assis mais encore au dessus de ma tête et il m'a dit : "Alors, vas-y, prouve moi que j'ai tort !" ou un truc dans le genre.


Parfois, tant qu'on n'a pas eu une reconnaissance internationale, un truc, voyez, où on ne peut pas faire mieux, il n'est pas possible d'être respectée toute entière. C'est bien connu : les pères ont le droit de juger et de critiquer et il ne faut pas gâcher ni ses compétences, ni ses capacités.

Mais après, essayer de comprendre que le perfectionnisme peut dépasser l'idée de carrière et de réussite, comprendre que le perfectionniste peut vouloir englober tout un être, c'est autre chose. Ca lui met pas la rate au cours bouillon, ça. Je suis énervée, fatiguée. J'ai plongé mes deux oreilles dans l'eau je vous disais et le monde entier est entré à l'intérieur.

Pendant tout le trajet en voiture, quand nous fuyons une maison où les portes se ferment à double tour dès qu'on en franchi l'encadrement, où les fenêtres et les volets et les rideaux doivent rester fermés au cas où quelqu'un (les herbes ? les sauterelles ?) voudrait regarder, j'avais comme le coeur enfermé dans un papier craft. Il en faudrait peu pour tout déchirer et me libérer mais j'aime encore les dessins sérigraphiés dessus pour tout briser comme ça. La compassion de ma maman, son envie de tout lisser, de tout simplifier jusqu'à ce que ça sonne presque faux. Son amour pour notre famille. Son plaisir à nous voir tous ensembles. Encore, heureusement. Ca, non ça ne se déchire pas. Je ne le veux pas, je l'aime trop. Je ne sais pas encore trop comment m'en sortir. Un problème remis à plus tard.

Pour le moment j'ai les deux oreilles sous l'eau et j'entends les voix graves des hommes résonner dans le plancher de la maison. Quand j'avale ma salive, le monde extérieur disparaît et il ne reste que moi et le bruit omniprésent de ma gorge qui se serre. L'univers revient en douceur autour de moi à travers l'eau qui respire et moi qui ne souffle plus, au fur et à mesure que les sons de mon corps s'apaisent et que ceux du monde enflent.


Je suis fâchée de ne pas exister comme je suis aux yeux d'une personne qui compte pour moi. C'est encore à moi de faire l'effort, encore, jusqu'à l'épuisement, et je trouve que ce n'est pas juste. C'est de l'acharnement thérapeutique. Sur mon être, pour m'ennormiser. Et il ne le sait même pas. Même si je lui ai dit, il ne le sait toujours pas. C'est manqué.

Je me retourne et je plie la surface de l'eau avec le bout de mon nez. C'est une sensation douce que je voudrais tenir. L'eau est belle. Tant qu'on ne va pas trop loin, elle ne craque pas. Il faut la respecter, et elle suit votre forme. De nez. De front. De joue. Avec la délicatesse de l'air, mais en plus frais parce que, comme je vous l'ai dit plus haut, je n'avais pas prévu de prendre un bain. Et j'ai présenté mon coeur à l'eau. Elle a gardé sa forme dans ses bras par milliers et elle a dissout le papier craft. Maintenant il me fait comme une peau gluante et collante. Je ne sais pas si c'est mieux, c'est juste quelque chose de différent à la dernière fois.

Des enfants il y a longtemps avait pris tous les jeux de leur lieu d'accueil pour me les apporter comme une offrande dans la cours de l'école. Je ne savais pas. Peut-être que si. Je n'avais rien demandé mais ça ne m'avait pas surprise. J'ai pris un peu et j'ai rendu l'essentiel. Si mon père savait, ce que c'est vraiment d'être aimée, admirée, adorée, sans avoir d'ami ou si peu que leur moindre minute d'absence me jette dans une solitude atroce mais que je connais déjà tant.

Aujourd'hui je suis en colère. Aujourd'hui je suis triste. Mais demain, je vais passez un joyeux réveillon parce que, sans culpabilité aucune, je vais chercher ailleurs ce que je n'ai pu trouver pleinement chez mes parents.

11 commentaires:

Je vous remercie vivement de prendre le temps de m'écrire un commentaire. Vous pouvez être assuré de recevoir une réponse très rapidement.
A bientôt !
Céline.

Vivre en étant différent


Chercher la différence, partout, tout le temps, et ne jamais la trouver. Chercher sa différence ici et là, chez les uns et les autres, et ne jamais la voir. Ce n'est pas seulement ne connaitre que ça, c'est surtout n'être que ça. Et alors, tout, et rien du tout, mais chercher encore.

Il y a des différences qui se voient. Elles sont jugées, tous les jours, sans jamais avoir la possibilité d'être inventée, d'être individuelle, d'être une simple différence.

Et il y a celle qui ne se voient pas, qu'on ne trouve pas, qu'on ne connait pas, et qu'on met en doute d'exister : qu'on se permet de réfuter.

Mais qu'est-ce donc une différence dans un monde d'unicités ?
C'est une rareté, précieuse, mais d'une préciosité pour personne. Précieuse pour quelqu'un quelque part, pour un ange.

Ce qui est différent ici, ne l'est pas ailleurs. Le différent est toujours moins différent, qu'un autre différent moins différent que le différent. Pour être plus clair : Vous serez différent là où il n'y a pas d'autres différences comme la vôtre.

Etre différent, ce n'est pas un gage. Ce n'est pas un défi. C'est un peu de soi à accepter. A respecter. A vivre grâce. Il faut la comprendre. Parfois seul, parfois avec de l'aide, parfois longtemps et loin.

Une différence comprise est une différence indéniable. Et alors le corps, l'esprit, l'identité et l'essence peuvent entrer en communion. Mais il faut le comprendre.

Personne n'est sa différence, mais personne n'est pas moins différent que ce qu'il est. Alors il faut le comprendre, complètement, intégralement, et devenir soi.

— Snowy walk, by Vladimir —
Perdre sa fausse différence simplement en étant soi et heureux. 

Vivre en étant différent, là où, parce qu'on est différent, on est rare unique et que rien n'est fait pour nous ; vivre comment ? Etre soi comment ? Rester différent mais devenir entier, avec les autres, dans leur monde ? Et à la fois dans le sien propre ?

Comment entrer ici et rester là ? Comment exister ? Comment ne pas disparaître ?

Savoir. Savoir pour soi et pour les autres. Apprendre, et enseigner. Dire. Mais ne rien espérer changer. Je crois. Tout en demandant le droit à l'intégrité.

La différence ne se soigne pas. Mais la différence n'est pas une souffrance. Ce sont les souffrances qui le sont. Etre soi n'est pas une souffrance, surtout ne pas croire en ça. Par pitié.

Et vous qui voyez des différents, que faites-vous ? Changez vous ? Caméléonisez-vous ?
Jamais ! Si la différence disparait, les êtres aussi. Restez vous, laissez les différents, différents. C'est faire du bien que de les choyer. Comme ce qu'ils sont sans être que ce qu'ils sont.

Ne dites pas : je sais ce que tu es. Vous ne savez pas. Vous n'êtes que vous, après tout.
Et le différent, ne sais pas non plus ce que vous êtes. Il ne vous dira pas : oui, tu sais.
Il n'existera plus, seulement ça. Il disparait.

Vous êtes aussi différent que le différent face au différent. La différence est un potentiel entre deux êtres.

Je suis différente. Depuis peu, depuis toujours, mais depuis peu aujourd'hui. Ca me taraude. Ca me parle. Ca me libère. Ca m'insomnise, comme cette nuit. Je lis, j'apprends, je comprends. Je résous.

Vous aussi, si vous êtes différents, et vous l'êtes puisque je le suis, sauf si vous l'êtes, comme moi… Enfin : vous, comprenez-moi, s'il vous plait. Ne me dites pas : je sais ce que tu dis. Vous ne savez pas. Mais laissez-moi vous le dire. Laissez-moi exister. Laissez-moi ne plus être jugée.

Laissez moi vivre ma différence et respectez-la. Je l'aime, en fait, je l'ai toujours cherchée et en fait elle était là. Juste dans ma poche. Dans mes yeux. Dans mon coeur. Dans mes manies. Dans mes souvenirs. Ne soyez pas plus différent que moi. Ce ne sera jamais. Je vous l'assure, j'ai fait des maths, je connais très bien ce signe comme un bout d'horizon trop court. Ce serait blesser mon monde.

Pour une fois, peut-être, vivre en étant différent
Merci.

— Close neighbors, by Istvan Lichner —
Tous les oiseaux savent chanter.

Je suis sur Twitter, et si vous l'êtes aussi, si vous n'êtes alors pas plus différent que moi, je vous conseille le fil suivant : @Gabriele_Corno, il est très inspirant !

4 commentaires:

Je vous remercie vivement de prendre le temps de m'écrire un commentaire. Vous pouvez être assuré de recevoir une réponse très rapidement.
A bientôt !
Céline.

Quoi de neuf ? … Euh… Tout ?

Je me suis surprise hier soir lorsque je me suis rappelée que j'étais inconsciemment fâchée contre quelqu'un. J'étais fâchée contre une femme très généreuse. Alors que je débarquais dans le Territoire, que je ne connaissais personne, que je n'avais ni travail ni objectifs (que des rêves stériles), que j'étais au bord de la déprime même avec une fille merveilleuse dans les bras, elle m'a ouvert la porte de sa maison. Elle m'a parlé très naturellement. Elle m'a offert deux livres. Elle m'a offert une part de tarte un jour. Une superbe glace à la fraise une autre fois. Elle m'a parlé à coeur ouvert tandis que je peinais timidement à ouvrir le mien.

Je me souviens d'être allée la revoir une autre fois. Elle attendait quelqu'un. Elle ne m'a pas laissée entrer chez elle. J'ai eu soudain l'impression d'être une personne ordinaire devant elle alors que j'avais quelque chose de très important à lui dire. Cette chose très importante, je l'ai gardée pour moi. Je suis repartie. Et je ne suis jamais retournée la voir.

Hier soir, je me suis donnée une claque à moi-même. Ça ne s'est pas vu parce qu'une claque à soi-même ça ne fait pas bien mal même si ça secoue. Et j'ai compris. J'ai compris que j'étais fâchée pour rien. Que j'étais trop susceptible pour être sympathique. Que si cette femme m'avait ouvert la porte si grand, c'était peut-être parce qu'elle en avait besoin, elle aussi, de moi, de ma présence, de notre compagnie. Et je nous ai privé de tout ça, seulement parce qu'un jour j'ai gardé quelques mots importants dans un coins sombre de ma tête.

Il y a des choses qu'on croit être soi mais qui n'en sont pas. A force d'enlever les pelures qui m'entourent, je vais finir par n'être plus que rien.

Une magnifique photo de Dame Ambre.
Je crois que je vais enfin accepter que d'autres me touchent le coeur.

Il y a aussi cette idée de plaire. On m'a dit tellement souvent qu'on ne peut pas plaire à tout le monde que j'y ai cru. Et puis je me suis aperçue que je n'avais pas besoin de plaire pour être aimée. Et puis, à présent, ce n'est plus seulement le besoin qui a disparu, la notion même s'est envolée. Oui, je suis heureuse lorsqu'on me dit qu'on aime mon livre, lorsqu'on écrit un commentaire sous mes articles, lorsque l'un de mes élèves me dit que je suis la meilleure prof de toute sa vie, mais ces appréciations ne changent rien ni à mon travail ni à ce que je suis.

La confiance n'est pas dans ce que nous avons, mais dans ce que nous sommes.

Pour progresser, je dois aller au fond de moi-même. Je crois que j'ai fini de vouloir m'exporter. L'ère coloniale prend fin. Enfin.

Je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout ça. Peut-être parce que c'est une nouvelle lumière qui éclaire mes mots et ça serait gâcher mon plaisir que de ne pas en profiter. On ne pas peut appeler ça une révolution, juste simplement une légère évolution dans l'utilisation du vocabulaire dont je dispose. Je crois que tout est vain, mais que tout est nécessaire. J'ai envie de tout arrêter, pour tout voir, tout observer. Et pourtant je sais combien mes mains et ma tête ont besoin des petits actions du quotidien. Je me demande si je ne vais pas finir par vous manquer, vous manquer comme on manque le train, à trop vouloir m'ouvrir encore et encore. Mais je n'en ai pas peur. Sera que ce que sera.

J'ai écris cet article en ayant  en tête une photo prise par Dame Ambre. Il n'y a pas que ses photos qui m'inspirent. Je l'ai écrit alors que je ne sais pas encore si j'aurais le droit ou pas de l'ajouter entre ces lignes. J'espère qu'elle acceptera, sinon tout tombe à l'eau. En attendant sa réponse, je mets tout ça dans un brouillon. Sans regret.

6 commentaires:

Je vous remercie vivement de prendre le temps de m'écrire un commentaire. Vous pouvez être assuré de recevoir une réponse très rapidement.
A bientôt !
Céline.

Ne plus être ce que l'on est

Les phrases viennent à petits pas. Le français éclate comme des bulles parmi les signes et le mime. Je apparait timidement. Ce qui est à moi mue et prend doucement la couleur du désir. La politesse est claire, les sentiments quant à eux prennent leur temps pour monter en netteté. Dans ce langage naissant, je vois aussi la précision de ses pensées, de ses souvenirs, de sa volonté. Ce qui était encore si discret que certains l'auraient décrit absent ose enfin se montrer dans le monde physique. Ses idées ne sont plus qu'à elle, elle nous les partage.

L'Explorateur me dit doucement : "C'est fou qu'elle se souvienne de tout !", et moi je me retiens. Je sais combien l'admiration me fait de peines et je ne voudrais pas que la Loutre soit touchée par cette malédiction. Une essence. Une essence, quelle qu'elle soit, n'attire pas l'admiration. Non, il y a trop de jugements dans l'admiration. Et puis il y a ce que l'on en fait. Une armoire ? Une sculpture ?

C'est amusant les idées reçues que l'on peut avoir. Ces fameuses cases dans lesquelles personne ne veut entrer, et bien voilà que j'en ai ouvert un couvercle en grand et que j'ai bondi dedans. Ce n'est pas ce que l'on croit. Sauter à pieds joints dans une case vous libère plus que vous enferme. Parce que cette case, c'est un peu de moi quand même et je me suis vite aperçue que la case est transparente. Moi, je ne change pas, un adjectif de plus ou de moins quelle importance, mais le monde vu à travers les vitres de la boîte change de forme. Il se déforme. Ou se reforme, comme un myope met pour la première fois des lunettes sur le bout de son nez. Je me souviens très bien de cela. Ca m'a rappelé combien les nuages étaient beaux, dentelés et fluides dans leur ciel.

La vie se meut selon une logique contre-causale. Ce canapé en bois que l'Explorateur nous avait construit était bien destiné à remplacer le plancher pourri du combi. Je refais doucement ma vie, année après année tout s'explique. Mes amitiés, mes amours, mes difficultés, mes intérêts… Je renoue avec mon enfance, que j'avais oubliée parce qu'elle n'était pas dans les normes. Evidemment que j'étais ce que je suis. Tout le monde le savait, sauf moi. Maintenant, je participe avec les autres à ma propre analyse. J'ai parfois l'impression d'avoir été l'idiote de service, celle qui ne comprenais rien à rien. Rien aux autres, rien à elle-même. L'avenir prévoit d'être plus équitable. Maintenant, je sais. Maintenant je suis de moins en moins le stéréotype de moi-même. Ce qui se voyait tant parce que je ne savais pas, parce qu'il fallait que ça reste secret à ma conscience, disparait. Je deviens complètement normale.

Etre normale sans être ordinaire : enfin comprendre la différence.

Alors la case dans laquelle il ne faut pas s'enfermer, je n'y crois plus. La case est une porte ouverte vers la liberté. Elle ne rassure pas. Elle ne formate pas. Elle soulage notre propre identité : aujourd'hui j'ai pleuré dans les bras d'une inconnue et je n'ai pas eu peur. Non, ça me consolait alors je ne me suis pas posée plus de questions que cela. Aujourd'hui j'ai reçu le droit de ne pas réussir, d'être touchée et malmenée par les événements, d'être sensible, d'avoir trop d'idées à la fois. On ne m'a pas repoussée, on m'a prise dans les bras. Et je suis restée telle que je suis, je me ne suis pas disloquée ni vaporisée, je n'ai pas eu de mal à me retenir. La case, la case n'avait plus besoin de preuves.

Je n'ai plus besoin d'y penser à chaque seconde. C'est comme si je n'étais plus ce que je suis. Et ma fille qui n'a rien d'un prodige mais qui fait peur parfois aux autres mamans est comme nous : elle n'est pas ce qu'elle est.
Elle est Elle.

2 commentaires:

Je vous remercie vivement de prendre le temps de m'écrire un commentaire. Vous pouvez être assuré de recevoir une réponse très rapidement.
A bientôt !
Céline.

Plus que 2 heures…


Deux heures, ça passe trop vite. Surtout le soir. L'Explorateur se tourne les cheveux parce qu'il réfléchit et moi je laisse les minutes filer dans un autre espace que je ne maîtrise pas. J'ai peur de me réveiller d'un coup et qu'il soit plus de minuit. Alors, je n'aurais pas participer au super concours de Catwoman. Et ça, ça c'est NON !

Pour participer, il faut une blague et un super truc réconfortant à raconter. Je vais faire les deux en un. Parce que de blague je n'en connais qu'une et elle est… tellement courte que bien souvent on ne me croit pas quand je dis que j'ai fait une blague, là. Pourtant, elle est bien marrante, je vous assure !

Voici :

Ca c'est super réconfortant !!

Je suis assise à la table d'un adorable petit salon de thé. Dehors, la nuit encercle la ville et les phares des voitures traversent la rue à coup d'éclats bleutés. Des guirlandes rouges et or cascadent sur le mur et viennent me lécher le bout des pieds. Une tasse fumante entre mes mains brille à travers les lumières chaudes de la guirlande. Je hume avec délices les vapeurs de cannelle, girofle et orange quand soudain, la porte du salon s'ouvre en grand sur la rue.

Un homme se tient dans l'entrée. Le froid passe entre ses jambes et vient me chatouiller le coup. Je frissonne.

“Coucou. C'est moi !”, crie-t-il.

Mais en fait… C'était pas lui !

J'espère que cette petite blague vous fera au moins sourire et qu'elle sera acceptée pour le concours de Catwoman. Pour le lot de charcuterie, j'ai bien compris, jamais je ne pourrais battre Aileza avec tous ses points alors je concours pour… le cadeau surprise !!!

J'adore les surprises.

Merci Catwoman pour ce chouette concours, je vous souhaite (vous : ton blog et toi) un très chouette BirthBlogDay ! Bisous !

4 commentaires:

Je vous remercie vivement de prendre le temps de m'écrire un commentaire. Vous pouvez être assuré de recevoir une réponse très rapidement.
A bientôt !
Céline.

Petit Père Noël

Nous n'en avions pas parlé. Ca s'est fait tout seul. Quand j'ai reçu le cadeau que je destine à l'Explorateur, j'ai invité la petite loutre à venir déballer le carton avec moi, pour voir si ça allait effectivement plaire à son papa. Je n'ai pas réfléchi quand je lui ai dit : "Mais chut, hein ? C'est son cadeau de Noël, on garde la surprise !" J'ai rigolé lorsqu'elle m'a répondu en chuchotant : "Cocoa ?" Oui, on mange un chocolat par jour jusqu'à Noël, mais le jour de Noël, on a des surprises et on passe un bon moment tous ensemble.

Ca s'est fait tout seul lorsqu'au magasin, devant une énorme statue du Père Noël je lui ai raconté l'histoire. J'ai beau être écrivain, je suis un peu nulle en légende : j'en ai oublié la moitié (l'histoire de la cheminée et du traineau…). Ce fut étrange pour moi. Je lui ai dit tout ça, sans m'interroger encore sur la grande question : je lui fais croire, ou pas ?

Et puis je me suis rendue compte que ce n'était pas à moi de décider pour elle. Même à deux ans, ma fille a le droit d'avoir ses propres croyances. Si pour elle l'histoire du Père-Noël, qui fait le tour de la Terre en une nuit, mérite d'être prise au sérieux, est-ce à moi de lui changer cette idée ? Si elle préfère participer à l'événement, en faisant des cachoteries aux uns et aux autres pour la surprise, pourquoi pas ? Et si… et si on lui permettait de toucher un peu des deux ?

Je me suis dit encore que mon travail de maman ce n'était pas de diriger la pensée de ma fille dans une direction ou dans une autre mais plutôt de lui ouvrir les yeux sur toutes les réalités du monde et de lui offrir auprès de moi et de son papa un lieu de réflexion et d'échanges. D'échanges sans jugement, mais riches d'idées.

Alors le Père-Noël n'échappe pas à la règle. Elle connaitra l'histoire. Je lui raconterai tout. Cette fois, je ne vais pas oublier le traineau qui vole dans le ciel. Lorsqu'elle regarde le Roi Lion en boucle, est-ce que je me sens obligée de lui expliquer que Mufasa ne vole pas vraiment dans le ciel, que c'est une allégorie du souvenir, de l'identité et de l'héritage ? Hein ? Non, pas du tout. Alors pour le Père-Noël, c'est pareil. Je ne me vois pas lui redire à chaque phrase "mais c'est une histoire inventée, tu sais", ça ruinerait le récit.


Et je ne vais rien lui cacher non plus de tous ces préparatifs. De cette excitation qui monte de jour en jour, au fur et à mesure que les fenêtres du calendrier s'ouvrent. De ce plaisir de faire plaisir. De ne rien attendre, de ne pas craindre de ne pas avoir été suffisamment sage. Des bisous donnés cinq ou six fois par jour parce qu'à Noël on est heureux et que ce bonheur, on ne le doit qu'à soi-même. Non pas à un gros monsieur barbu, ni à quelques cadeaux au réveil, car le bonheur se cultive et s'offre sans compter à ceux qu'on aime.

Alors Petit Père Noël, sache que dans ma maison, nous sommes très sereins. Qu'on t'aime bien, toi et ta magie, même si tu n'existes pas vraiment et ça ne va pas nous empêcher de passer de bonnes fêtes. Bisous à toi et si dehors il fait trop froid, n'hésite pas à emprunter nos chaussons. Ils seront rangés sous le sapin.

7 commentaires:

Je vous remercie vivement de prendre le temps de m'écrire un commentaire. Vous pouvez être assuré de recevoir une réponse très rapidement.
A bientôt !
Céline.

Où est ton bulletin ?

Je vais avouer tout de suite, pour que les lecteurs sachent à quoi s'attendre en lisant mon article : mon bulletin, il est dans ma poche. Dans la poche droite, ou dans la poche gauche, quelle importance puisqu'il n'a pas atterri dans l'urne de plexiglass. Je fais partie des irresponsables, des nazes qui n'ont rien compris à la démocratie, ou à la République (les discours se mélangent), aux méchants qui laissent monter le FN par leur abstention. Je suis de ceux-là.

Ca pense comment un coincé du vote ? Dans l'absolu, je ne saurai dire. Moi, comment je pense, je peux vous expliquer.

J'ai voté pour la première fois assez jeune. J'avais 18 ans, il fallait voter pour les européennes. Je n'avais rien compris. Je suis allée voter une idée alors que sur les bulletins il y avait des noms. J'étais embêtée, toute seule dans ma cabine d'essayage et même… un peu dérangée, comme si je sentais qu'il y avait là une incohérence. De ce genre d'incohérence que tout le monde accepte mais qui vous donne la nausée, à vous tout seul (comme c'est bizarre) alors vous vous dites que ce n'est rien, que vous avez trop mangé le matin et puis c'est tout.

Et puis je suis allée en classe préparatoire. J'ai donné mon sang mais je n'ai pas entendu parler d'élection. Personne ne m'a rappelé mon devoir de citoyenne. Peut-être qu'il n'y avait pas eu de votation durant cette période, ou alors m'avait-on jugée suffisamment occupée pour ne pas en discuter avec moi ?

J'ai quelques années plus tard eu l'occasion de voter aux présidentielles. Alors là, permettez moi de vous le signaler : je fus une citoyenne exemplaire. Je lisais, je discutais, j'avais mon favori, je m'informais. J'avais bien retenu la leçon des européennes. On ne vote pas une idée, on vote un nom. J'ai tout de même fait l'erreur de choisir un nom porteur d'idées. J'étais certaine de mon choix. Il irait au second tour. Il parlait bien, il parlait clairement, il ne tournait pas autour du pot. J'étais admirative. J'avais trouvé mon président.

Bon, en vrai, mon super candidat n'a pas dû dépasser les 10 % du suffrage. J'étais déçue. Un peu abasourdie. Perplexe aussi. Je m'étais de nouveau complètement trompée sur la question. Et puis j'ai quitté ma petite commune d'électrice pour travailler ailleurs. Je n'ai pas eu la possibilité de voter au second tour. De toutes façons, j'étais trop dégoutée je crois pour mettre une enveloppe dans l'aquarium.

J'habitais Grenoble et dans cette ville j'ai rencontré des personnes qui sont contre le droit de vote. Quoi ??? C'est quoi cette affaire ??? Ce fut ma réaction première. Ca me paraissait complètement délirant. Mais lorsque j'ai quitté la ville, j'étais convaincue. Je n'ai pas envie de décrire cette idée ici. Je le ferai peut-être une autre fois si je vois que le sujet vous intéresse. En attendant, je vous propose de visualiser la vidéo suivante pour en savoir un peu plus : 


Je suis de ceux-là. Je ne vote pas. Non pas que je trouve que tous les candidats sont nuls, ni que je me dis que ça ne sert à rien… Je suis convaincue que le vote, que voter pour quelqu'un, ça n'a aucun sens. Par exemple, pour ces dernières élections, je suis un peu perdue. Permettez que je vous liste ce qui ne va, selon moi, pas du tout ?

Je devrais voter pour la Bourgogne-Franche-Comté, il y a 100 sièges à pourvoir. C'est quand même pas mal, 100 sièges. Et bien, on ne vote qu'une seule liste, avec en grand, qu'un seul nom. Alors, oui, je suis certaine qu'il y a une règle très facile à comprendre que tout citoyen devrait connaître qui résout cette énigme étrange, mais moi, ça me tracasse quand même sur le principe. Vous mettez un papier dans l'enveloppe, il sortira 100 sièges. C'est magique. Anti-démocratique.

J'avais lancé le débat au lycée avec quelques amis. Nous avions effectué des estimations de satisfaction des élèves des classes en fonction du mode de vote. Officiellement, puisqu'il y a deux délégués par classe, il faut mettre un seul nom sur son bulletin pour le vote. Oo. Nous avions proposé à la direction de changer les règles : 2 élus, 2 bulletins par personne. Et la majorité des élèves satisfaits. C'est simple, c'est mathématique. C'est démocratique.
Si j'avais redoublé ma terminale, je pense que j'aurais pu faire changer le règlement car le directeur et le CPE étaient complètement convaincus. Enfin, ça ne fait que deux personnes de convaincus. C'est pas non plus incroyable.

Pour le premier tour en BFC (on dirait un nom de banque…), le "FN est en tête" avec 303 128 votes. Imaginons qu'il soit élu au second tour, ça fera une belle majorité, vous ne trouvez pas ? 303 128 sur à peu près 963 milles votes. Ca fait 31 % des électeurs. Soit, 69 % de déçus. La majorité l'emporte.

La dernière fois que j'avais écrit un article dénonçant quelques pratiques d'éducation, on m'avait demandé si j'avais eu une scolarité douloureuse. Quand on n'est pas content, c'est qu'on a souffert. Pour ma scolarité, ce n'était pas le cas, mais pour les élections, cette fois, c'est bien vrai. J'ai une véritable souffrance. Les élections me font souffrir. Je sais que quelque soit mon vote, ou mon abstention, il y aura quelqu'un, ou quelques uns, qui seront élus. Des gens que je ne connais pas. Qui disent parfois de grosses conneries. Des gens qui ont tous le même nom de famille. Qui n'ont ni la même vie, ni les même préoccupations que moi. Et pourtant, des gens qui vont me représenter.

Ca me rend malade.

François me dit souvent que je suis anarchiste. C'est vrai que je n'aime pas cette idée de représentants. De pouvoir. De palais. D'inégalité citoyenne. De ministres qu'on n'élit même pas. De sièges sortis d'une équation pas possible. D'une enveloppe même pas cachetée sans destinataire. C'est vrai que je suis pour l'éducation, pour la liberté, pour l'émancipation des personnes. Peut-être, oui, que je suis un peu anarchiste. Ou même absolument anarchiste. Mais j'aimerais avant tout qu'on m'explique, clairement, pour de vrai :

C'est quoi le sens de ce vote ? Parce que, voyez, je pars de loin :

Voter ne prend que 2 minutes ? Quand on vote les yeux fermés, peut-être…

Ne laissez pas décider les autres, laissez décider pour vous UN autre.
C'est clair que c'est plus rassurant.

Je ne vois pas le rapport direct entre élection d'une personne et démocratie.

22 commentaires:

Je vous remercie vivement de prendre le temps de m'écrire un commentaire. Vous pouvez être assuré de recevoir une réponse très rapidement.
A bientôt !
Céline.

J'ai un compte Twitter

Il y a des petites choses magiques qui arrivent sur les blogs. Une magnifique bloggeuse au nom de Dame Ambre m'avait il y a quelques jours incitée à me lancer sur les réseaux sociaux, m'indiquant Twitter comme une priorité à tenter.

Twitter ? Quelle drôle d'idée !

Je lui demande donc d'écrire un article pour me présenter l'engin, car il me paraissait complètement… inutile ? chronophage ? un de ses trucs modernes pour personnes vivant avec un smartphone dans la main ? J'avais vraiment une mauvaise idée de Twitter. Cette grande Dame ne s'est pas laissée démonter, elle n'a pas mis longtemps à écrire son article sur Twitter. J'étais complètement abasourdie lorsque je l'ai vu !

Quoi ? Déjà ?
Quoi, elle a bien voulu m'aider ?

Il faut dire que son article donne envie. Alors j'ai créé mon compte. Il s'appelle sans surprise CelineDehors. Si j'ai bien compris, il faut mettre un petit a commercial devant pour que je vois tout de suite votre message. Un truc comme ça : @CelineDehors. N'hésitez pas à m'envoyer un petit mot si, vous aussi, vous avez un compte Twitter. A peine deux heures après mon inscription, c'est Skinny Love (@Sweety_Julie) qui me retrouve par hasard. Quelle chance ! J'étais entrée dans la cours de l'école et des amies venaient déjà me faire la bise.

Alors, se lancer sur Twitter ça fait quoi ? Et bien, c'est plutôt bizarre. J'avais l'impression d'arriver dans une pièce où tout le monde parle en même temps. Et fort en plus. C'était assez affolant. Certains nous montrent des photos, d'autres font de la pub (la barbe !), il y en a qui raconte leur vie, certains répètent même ce que les autres disent. C'est le bazar.

Mais un bazar linéaire, voyez-vous. Un bazar où tout s'empile, s'empile, s'empile si bien qu'il faut en faire des allers-retours avec les doigts pour arriver à la surface. Et ça continue. Très vite un carré bleu s'affiche : "Nouveaux tweets" et il faut recommencer à monter.

Imaginez une grande ligne sur laquelle tous les quatre centimètres
y'a une perruche qui stridule !

La première difficulté que j'ai rencontrée en arrivant sur Twitter fut le lâcher prise. Non, je ne pourrais pas tout lire, c'est infini. Il y en a beaucoup trop, beaucoup trop de choses inintéressantes, beaucoup de petites perles noyées ici et là, que je manquerai immuablement. Ma première réaction fut de lancer autour de moi des petits sorts de sourdine. Merci Ambre pour m'avoir appris qu'il y avait la fonction "Masquer", sans elle mon compte serait vite passé de 20 abonnements à 0.

Saviez-vous qu'avec 0 abonnement on reçoit quand même des petits phrases?

Donc, mes très chers abonnements, veuillez me pardonner mais un grand nombre d'entre vous se sont très vite vus enchutés. Non pas que je ne vous aime déjà pas, mais parce que c'était trop. Beaucoup trop et je me noyais.

Et puis, il fallait parler. La première fois, je n'avais aucun abonné. Tweeter… euh : Twitter (c'est d'ailleurs louche ça ! C'est quoi l'étymologie ?) me proposais le hashtag #MonPremierTweet, j'ai suivi son conseil. Et j'ai écris mon premier Tweet. Un truc un peu nu-nul. Mais personne ne pouvait encore me lire, ça ne faisait rien. Et très vite, grâce à Ambre encore, j'ai eu une petite dizaine d'abonnés. J'étais peut-être déjà en sourdine chez eux, mais ne sachant pas, ça m'a un peu bloquée. Vous imaginez : "@CelineDehors Euh… Bonjour !"
Ding !!! Ding !! Ding !!!! Ding! Ding Ding !!!!
Ding!!!!                  Ding !!! Ding Ding !!!

Après, j'ai compris que le téléphone ou l'ordinateur ne sonnait pas à chaque tweet reçu. C'était mieux.

Je me suis rapidement incrustée dans une discussion, ne sachant pas si c'était permis ici mais ça parlait de pédagogie Montessori alors je n'ai pas pu m'en empêcher. Mon tweet a reçu quelques coeurs. Je me suis dit que c'était bon : c'est passé. J'ai cité une petit phrase du Souffle, on m'a posé une question. J'ai répondu. En 140 caractères. C'était à la fois frustrant et relaxant. J'étais certaine de ne pas trop en dire, de ne pas épuiser la personne à qui je répondais. J'étais certaine des règles du jeu.

J'ai pas parlé de ceux qui trichent. Ils écrivent leur message en plusieurs fois. Ca s'empile pas toujours correctement dans le flux, et déjà je peux dire que je n'aime pas beaucoup ceux qui font ça. Hop ! En sourdine. Mouahahah !

Etre sur Twitter c'était pour moi comme de revenir à mes années lycée, où l'on continuait notre journée sur MSN. D'autres discussions, avec d'autres personnes qu'au cours de la journée. Les amis en vrai, les amis sur MSN. Dix discussions en même temps. Les yeux qui volent d'une fenêtre à l'autre. Les… rah j'ai oublié le nom ! Le truc qui faisait du bruit et qui secouait la fenêtre pour attirer l'attention. Et puis le contact Encarta qui répondait à toutes nos questions, qu'on pouvait même insulter et qui avait bien de la répartie. Et /biensur ! Ah ah, vous le connaissez celui là ?

Merci à l'Explorateur pour m'avoir rappelée hier soir toutes ces références lorsque je lui ai présenté ma petite affaire du jour. "Tu vois, c'est un truc où tout le monde parle en même temps les uns sur les autres, c'est plutôt marrant."

Voilà, j'ai un compte Twitter. Je ne sais pas vraiment comment m'en servir. M'en servir personnellement parce que techniquement parlant, quand même, ça va, c'est à la portée de tout le monde. Je ne sais pas comment dé-sourdiner tous ces contacts dont j'ai coupé la fréquence. Je vais trouver, ne vous inquiétez pas. Je vais continuer mon petit truc des phrases du Souffle distillées au compte-gouttes, avec le magnifique hashtag #SouffleOyun. Et puis… nous verrons.

Ça c'est mon petit tweet qui s'imagique qui va pouvoir braver la tempête.

10 commentaires:

Je vous remercie vivement de prendre le temps de m'écrire un commentaire. Vous pouvez être assuré de recevoir une réponse très rapidement.
A bientôt !
Céline.

Fourni par Blogger.
LeftContent Ends
Footer Starts Footer Ends
'It is your responsibility to notify your visitors about cookies used on your blog. See http://www.blogger.com/go/cookiechoices for more details.'